COUP DE COEUR

Le souci de l'autre

DE HENNEZEL Marie
Livre
Adulte
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La critique

« Responsabiliser plutôt que culpabiliser ! »

Marie de Hennezel nous livre quelques réflexions et témoignages recueillis sur son parcours, dans un ouvrage certes édité en 2004, mais tellement proche de la réalité actuelle. 

Elle partage, au travers de son écriture, un « outil », utile dans notre quotidien de soignant ou de soigné. 

Marie de Hennezel attire notre attention sur le souci que l’on porte à l’autre, cette humanité dans la relation, tant du soignant au soigné qu’inversement. Les personnes qui témoignent sont surprises par les incohérences, le manque de communication entre les professionnels et certains dysfonctionnements qui déshumanisent. Elle nous rappelle que le malade sait ce dont il a besoin, attire notre attention sur l’importance d’être à son écoute et de le rendre acteur de son traitement. On peut se soucier de l’autre en prenant le temps de l’écouter, en lui délivrant l’information avec respect et délicatesse. L’auteur nous rappelle également que « Les mots ont un poids ».

Elle pointe également la vulnérabilité des soignants, trop souvent ignorée et réclame la reconnaissance de leur humanité, de leur sensibilité dans la relation, de leur fragilité. L’attention des soins commence par l’attention portée à ceux qui les prodiguent. Ainsi, elle met en exergue l’intérêt qu’ont les soignants à prendre soin d’eux-mêmes pour être ouverts à l’autre, et continuer à être disponibles auprès des patients : « un simple geste, prendre une chaise ou s’asseoir au bord du lit, est magique ». 

En donnant une définition du souci de l’autre à la fois générale et détaillée, elle ouvre la réflexion sur une myriade de domaines dans lesquels le souci de l’autre se perçoit, tels que le cadre de vie de l’institution (les couleurs, décorations, confort des fauteuils…), l’écoute (active, empathique…), les soins (doux, calmes, attentifs…)… 

Marie de Hennezel partage son regard systémique, ne se cantonne pas à un seul rouage, mais à l’ensemble des relations et interrelations qui sont en jeu. 


Par: Eve Fery, Psychologue-Coordinatrice de la Plate-forme de Soins Palliatifs de l'Est francophone - Verviers
Les propos repris ci-dessus n'engagent la responsabilité que de l'auteur de cette critique.

Extrait

Comme on vient de le voir, au cœur même des services les plus durs, des êtres humains veillent à maintenir allumée la petite flamme de l’humanité. Ils accomplissent ainsi le « devoir d’utopie » dont le monde a tant besoin. Que l’on soit soignant ou soigné, nous avons tous un rôle à jouer, une pierre à apporter dans la construction d’un système de santé plus humain.

(…)

On ne choisit pas par hasard de devenir soignant, de prendre soin des malades, des personnes âgées ou des mourants, nous l’avons dit.

(…)

Aucune autre profession n’impose une telle proximité quotidienne avec le corps souffrant de l’autre, aucune ne doit faire face à une telle responsabilité. Prendre soin d’un être humain souvent totalement dépendant, qui confie sa vie entre vos mains. 

(…)

Cette dépendance réciproque, car elle lie le malade à l’infirmière et l’infirmière au malade, caractérise le travail des soignants. Ce sont là l’originalité et la grandeur de ce métier.


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