Dans cet ouvrage, les auteurs explorent différents domaines dans lesquels le travail avec les familles est primordial : la protection de l’enfant, la psychiatrie, la radicalisation… Le chapitre consacré au vieillissement résonne avec notre pratique en soins palliatifs car il s’intéresse à la place de la famille dans l’accompagnement de la personne atteinte de démence.
Au fil des pages et des thématiques, les auteurs plaident pour une intervention auprès des familles basée sur une démarche de co-construction, dans laquelle l’intervenant et la famille bâtissent ensemble le sens, les objectifs et les modalités de l’accompagnement.
Cette approche, fondée sur l’alliance, la reconnaissance mutuelle et la compréhension du système familial, est particulièrement pertinente en soins palliatifs, où les enjeux relationnels, émotionnels et existentiels sont centraux. Elle permet :
d’honorer les valeurs et les choix de la famille,
d’accompagner les bouleversements systémiques générés par la fin de vie,
de soutenir la communication et la solidarité interne,
de renforcer le rôle actif des proches.
Par: Sophie Derval, psychologue - Reliance
Les propos repris ci-dessus n'engagent la responsabilité que de l'auteur de cette critique.
Extrait
« Le fond de la situation et l’enjeu crucial de la décision de placement d’un proche âgé se révèlent être, comme évoqué précédemment, la mise en perspective de la mort de celui-ci. « Coup de bambou » même si la logique de l’avancée en âge s’impose. Les résistances à cette prise de conscience s’effondrent brutalement et libèrent de ce fait les angoisses, les peurs mais aussi une ouverture plus ou moins facile à partager la conscience de la situation.
De plus, et ce n’est pas moindre, qu’il s’agisse de la personne concernée d’abord mais aussi de ses proches, l’enjeu est celui de nombreux deuils auxquels oblige le contexte. Séparation de son lieu de vie, effondrement d’une représentation d’un conjoint ou d’un parent autonome, perturbation des limites de l’espace intime (« mettre le nez » dans les affaires et les dossiers du parent, pour les enfants) sont autant de deuils à conduire simultanément ! » (Jacques Gaucher, p. 148)