COUP DE COEUR

Le jour et l'heure

FIVES Caroline
Livre
Adulte
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La critique

Le jour et l’heure. Là où tout bascule. A moins que tout ne bascule avant déjà, quand la décision de prendre le large, direction la Suisse, pour la mort volontaire assistée d’Edith, la maman, est prise.

Accompagnée de son mari, complice et compagnon de toujours, et de ses quatre enfants, eux-mêmes adultes, Edith vit ses derniers instants. Ce n’est toutefois pas son parcours que l’on suit à travers ces pages. Mais celui de ses accompagnants, enfants et mari, qui chacun à leur tour s’expriment sur ce voyage émouvant, surprenant, difficile. 
A travers leurs mots, on prend la mesure de la perception que chacun a de cette fin de vie. Parents ou non, soignants ou non, plus ou moins proches de leur maman … tous vivent ces moments particuliers avec douleur, émotion, détachement ; c’est selon.
 
Cette fiction met en lumière le vécu de ceux qui restent lorsqu’un choix de « mettre fin à sa vie » est posé. Caroline Fives donne avec subtilité la parole aux membres de cette famille confrontée à l’impensable et montre avec justesse à quel point la mort est inextricablement liée à la vie ; comment ce moment où la vie prend fin s’imbrique avec douceur ou violence dans la vie personnelle de ceux qui restent. 




Par: Eve-Amandine Leloup, Chargée de projets, PalliaNam
Les propos repris ci-dessus n'engagent la responsabilité que de l'auteur de cette critique.

Extrait

C’est quand même un sacré truc, voir ta mère qui appuie sur cette pompe devant toi. Ils ont beau dire ce qu’ils veulent, faut pas se voiler la face, pour moi, c’est un suicide assisté. C’est comme si ta mère se tuait sous tes yeux tout en te demandant de lui faire des bisous. Et accompagner sa mère dans un suicide, ça laisse des traces. Faut pas oublier que le produit qu’elle s’envoie, quand elle appuie sur la pompe, c’est de l’anesthésiant. Une dose extrêmement forte d’anesthésiant. Un produit que t’utilises tout le temps quand t’es chirurgien (…). Quelques semaines après, j’ai pu opérer à nouveau, mais à chaque fois, j’y pense quand même, ça me revient.  Le même geste pour sauver ou pour tuer. Le même produit. C’est juste une question de dose.


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