COUP DE COEUR

La pudeur

FIAT Eric , VAN-REETH Adèle
Livre
Adulte
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La critique

Comme pour les autres livres de cette collection « Questions de caractère », Adèle Van Reeth rencontre un interlocuteur au fil d’une discussion dont le but est de donner envie de penser. Cette fois c’est Éric Fiat qui est invité à cette conversation. Professeur de philosophie à l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée, il enseigne l’éthique médicale et la philosophie morale. 

Une perle comme sait les offrir Éric Fiat de par sa richesse de connaissances, sa maîtrise de la langue française et sa verve sans pareil. La pudeur, notion qui prend aussi sens dans le soin que l’on soit patient ou soignant. 

Par: Josse Anne-France, Psychopédagogue, Coordinatrice pédagogique de la Plate-Forme de Concertation en Soins Palliatifs du H
Les propos repris ci-dessus n'engagent la responsabilité que de l'auteur de cette critique.

Extrait

Le lit d’hôpital : attentat à la pudeur ou éloge de l’halogène 

Adèle Van Reeth – Cette limite poreuse entre la pudeur et la honte que révèle le regard d’autrui sur nous-même se retrouve dans d’autres circonstances plus tragiques que celle de l’adolescence. Lorsqu’un individu est allongé sur un lit d’hôpital – et qu’alors son nom change et qu’il devient « patient » -, son corps est plus que jamais soumis au regard des autres. Famille, êtres aimés et aimants, soignants, aides-soignants, compagnons de chambre, tous défilent et se relaient autour d’un corps qui n’a d’autre choix que de se laisser observer, scruter, examiner. Cette grande vulnérabilité n’est-elle pas vécue comme une atteinte à sa pudeur ?

Eric Fiat – Etre hospitalisé, c’est vivre sous la menace perpétuelle de cette dégénérescence de la pudeur en honte, parce que le corps peut se flétrir d’être regardé. Il peut certes se flétrir d’être trop regardé. Il peut certes se flétrir de ne pas l’être assez ! Ce que le pudique devine parce qu’il a à la fois peur et désir du regard d’autrui. Ne pouvant vivre sans l’autre mais ne sachant comment vivre avec lui, il aimerait pouvoir séjourner dans une forme d’équilibre suspensif entre la visibilité et l’invisibilité, rester lointain, sauver quelque chose de son intériorité même dans l’extériorité…



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